click to open the menu

Moulure, sculpture et finition

Sans déforcer l’orthogonalité de l’ensemble ni la géométrie apparente des assemblages, j’envisage apporter un même type de moulure pour chacune des pièces. Les arrêtes vives semblent trop « rudes » et sont tout au détriment du confort, ainsi que du toucher lors de la prise en main.

Je désire les arrondir, et par la même occasion, établir un équilibre entre ombres et reflets grâce à leur taille selon un arc surbaissé (appelé aussi arc bombé ou arc segmentaire). Ce dernier a plus de largeur que de hauteur et son centre est au-dessous de sa naissance. La moulure dessine alors une arrête plus abrupte vers le flan, et une surface doucement abaissée à son opposé.

Le moulurage n’est pas exécuté sur la totalité de la longueur d’une pièce. Au lieu de s’arrêter brusquement à la connexion avec un autre élément, la moulure chute, pour retrouver progressivement la saillie initiale de l’arrête.

La transformation de l’arrondi est envisagée selon trois différents tracés, combinant courbure et orthogonalité. Mon choix s’est porté sur la dynamique offerte par deux lignes de fuite droites.

Ce façonnage de transition, sur une courte distance, ne peut être sculpté qu’à la main.

La tête de la décharge est dessinée dans la continuité circulaire du plateau d’assise. Sa forme rappelle celle de l’extrémité du pied.

Les deux extrémités du tronc sont elles aussi façonnées dans une forme hybride. Les arrondis exécutés entre les traverses se transforment rapidement selon des rayons de plus en plus importants pour se rencontrer au sommet. Quant aux faces planes du tronc, elles se courbent indépendamment de leur arrêtes. L’apparence est trompeuse, il ne s’agit pas de demi-sphères.

L’écrasement des fibres par abrasion détériore la finesse de leur dessin, et même leur rôle dans la régulation hygrométrique. De plus, une surface de bois poncée n’offre pas les meilleures conditions pour la pose d’un vernis. La première étape de finition de l’objet se réalise donc par la coupe fine du fil.

Pour mettre en valeur le bois lui-même, et accentuer le jeu de la lumière sur les volumes, j’envisage pour deuxième finition la pose d’un « vernis cristal », comme celui appliqué, depuis tout temps, sur la peinture à huile des tableaux. Ses propriétés, uniques, à ma connaissance, sont sa transparence, sa brillance, sa réversibilité, et surtout son élasticité et plasticité. Ces deux dernières particularités mécaniques sont importantes pour ce qui concerne mon projet. Il permettra indéniablement une stabilité dimensionnelle suffisante au bois, au fil de son évolution.

Je réalise la composition de ce vernis moi-même, avec notamment un terpène d’orange pour diluant. Tout comme la térébenthine, ce dernier permet aussi l’utilisation de la cire d’abeille colorée pour combler les éventuels jours, qui persisteraient ou seraient préservés au serrage des assemblages.

Son inconvénient notable réside dans son manque de dureté, pour pouvoir offrir une protection suffisante à l’abrasion. J’y remédie dés lors par une troisième étape de finition : l’application d’une fine couche de cire micro-cristalline Renaissance™ (fabricant Picreator Enterprises Ltd1 [1]). Cette dernière, composée à partir d’un même solvant, renforce la partie supérieure du feuil, tout en garantissant ses propriétés, à l’exception de sa brillance, qu’il atténue très légèrement.

PARTAGE ET POURSUITE DE L’EXPÉRIENCE

[1Fiche technique disponible à l’adresse http://picreator.co.uk/renaissance-wax/