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Intention et contexte de réalisation

Croquis d’intention
Un extrait du « carnet de bord » dans lequel j’ai dessiné, et pris notes tout au long du déroulement de ce projet.

J’ai élaboré cet objet dans le cadre de ma dernière année de formation en ébénisterie, à l’institut Paul Hankar de Bruxelles. Bien avant la rentrée scolaire, j’entamais les premières esquisses. S’il n’était l’heure de définir une quelconque esthétique, je me concentrais prioritairement sur les fonctions utiles du meuble à fabriquer.

J’étais tout d’abord intéressé par les particularités que pouvait offrir une table circulaire destinée à recevoir cinq personnes. La forme et dimensions du plateau permettent en effet aux convives de toutes et tous se voir, s’écouter, durant leur moment de rencontre. Par ailleurs, la composition de ce meuble peut se montrer relativement simple, puisque ne comportant que deux éléments principaux : un plateau et un piétement. J’imaginais, au départ, construire un objet peu complexe…

Il m’imposait néanmoins de rendre ce projet un tant soit peu « original » à mon égard. J’ai consacré logiquement la première partie de son étude au plateau – l’élément le plus visible. Probablement mis en contact avec de la nourriture, je privilégiais, selon une certaine logique, l’usage du hêtre pour la confection de celui-ci. Je l’imaginais rudement mis à l’épreuve, au quotidien. Sa robustesse aurait pu résider dans une construction en bois debout, tel le billot utilisé par les bouchers. (ou les plateaux des tables du designer belge Jules Wabbes) Par ces deux choix, je tenais par ailleurs à établir une relation entre ce meuble et l’espace de la cuisine, et même plus particulièrement, celui du travailleur.

Espérant obtenir un gain de temps et de coût de réalisation, je décidais de transformer mon projet initial. La table circulaire subît, en quelque sorte, une mise à l’échelle et muta en un tabouret.

Ces changements débouchaient incontestablement sur des défis exaltants, ceux impliqués par les contraintes de charge, de mobilité, ou encore par la nécessité de confort.

Mon choix quant à l’essence à mettre en œuvre restait le même. Celle-ci indigène, pas menacée, peu coûteuse ; de plus que je la connaissais suffisamment pour sa densité et son « vieillissement ». Il s’agissait là d’entériner ma position par rapport à un système de commercialisation et à l’encontre d’une fascination pour l’exotisme.

En considérant qu’aujourd’hui un arbre n’est « précieux » que par sa rareté, toute essence comporterait ses singularités. Il reviendrait à celui qui la travaille de trouver et appliquer les moyens pour les révéler dans toute leur complexité.

INSPIRATIONS ET RÉFÉRENCES